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Join us for World in Verse: A Multilingual Poetry Reading and Celebration of the Winners of the Poems in Translation Contest. Tuesday, September 17 at 7:00 PM | Word Up Community Bookshop, 2113 Amsterdam Avenue, New York
from the January 2019 issue

A l’ombre de Grenade

Ombre
toi
au désir 
de l’obscur

La nuit te refermera ses voix
la nuit jouira à la rosée
                        de sa peau

Coulera 
en pierres
l’organe 
volcanique.

 

L’orage sera en toi
l’orage indéfini
des sens
inexplorés

Le battement à silence
                        de flamme

à courbure

                        de flanc

La nuit
se fera
reptile
ponctuel

Elle nous fuit
reptile
rassemblé
se résout
                        en un point
                        incliné.

 

Granit
à sol       désoeuvrés
nos corps
assoiffés

La pluie
en complainte
précipite à contrées
verdâtres

Nous restons
à lieux     dits
nos membres rassemblés
au crépuscule
du vent.

 

J’entre en plage
à la lèvre     amère
du rivage
Monte la marée
en frisson     céleste
sur le sable
imperméable

L’astre 
à ton visage
se plisse
et ondule

Nulle trace
à désir
son ombre.

Venir à crête
de nuit
en astre rugissant

Cette ondulation
sur le chemin
s’abandonne

Personne n’y prend garde
l’envie comme la lèpre
ronge l’acier

Nulle pénombre
de corps
ou d’abeille

Il pèse à lave fraîche
un amas d’interdits. 

 

Duvet laiteux à gestes
incertains

Les souffles de la nuit
à ta peau
convergents
jouissent à ta porte

Ton soupir
sur la rosée matinale

La plaine à odeur
de toi
fera frémir sa faune
à s’envoler

Son corps sur le lit
de l’oubli
féconde à horizons
multiples.

 

Ce toi qui sommeille
aux printemps
des naufrages

Des larmes se diluent
à l’embrasure
de ton œil

Le vent suspend
sa course
morbide

Et tu étires tes rêves
en illusion
dernière.

 

Tu jaillis de l’oubli
dans un soleil nordique

Tu entres à la vie
que l’hiver
serpente

Ton antre
est d’un souffle
équatorial

Tu jaillis de toi
comme l’ombre 
épousée à la      nuit.

 

Ta planète
Grenade à couleurs de mirage
que guette le verger 

Je ne puis 
inventer
autre saison à tes humeurs

L’orage qui doucement
oscille
à zénith persistant 

Ta jungle à visions
d’ombres
que le désert explose

Je suis à tes pieds
des géographes
le pire.

 

Je vis
à l’absolu secret
de ma divine

Elle me dit n’être pas
sainte terre
ni mine de tendresse

Elle ne dit pas
ses objections sont des échos
interminables

Mes mots sont
tambour futile
au tempo d’une autre

Pas même un caprice.

 

Se consument
les automnes synchronisés

Je lave mes yeux
comme une glace
imparfaite

Ils dirent les avoir vu
briller
plus fort que 
le jour

Ils dirent même les avoir vu
danser
dans le fin crépitement
du bois

Mes yeux verront-ils
à travers
l’automne ?

 

Le silence de toi
comme une morsure
marine

Je tombe dans le vertige
de ta symphonie
muette

Les ombres se rient de moi
et ton regard 
inconstant
courbe des cils
indifférents

Je me briserai le dos
à ne garder
que mes yeux
désarticulés.

 

J’irai monter
à tes gouffres de torture
où mes paroles éventrées

La prison naît d’amour
quand l’amour
indigène

Qui veut n’est pas
traître de son 
âme

A bout de chaîne
les murs sont
humides

Mon corps
à résistance
futile.

 

A craindre vrai
l’injuste résonance
de l’acte
dévasté

Le visage incendié
fuit ton passage
et tes caresses 
dégoûtées 

La peau qui se creuse
à larges
envolées
de vie

Je vivrai de n’appartenir
à l’oiseau
morbide.

 

A être
le paysage oublié
l’opéra fantôme
j’irai valser
sur l’oued
disparu

Les flots
peut-être en sommeil
à mes pas
caustiques

Je ferai la terre
trembler
sous mes pieds
lorsque volcanique
l’oued
jaillira vers moi
laver
son lit.

 

Je laisserai mes rues
à ta secrète
exploration

Mes rêves ne sont
que bouts d’amnésie<
et tu es mon rêve
défragmenté

Je n’ai construit de mes nuits
qu’un oiseau
migrateur
qui de toi
ira traîner
dans des bouches obscures. 

 

L’oubli est ma paresse
car ton rire trop 
doux
ne peut être
à moi

Je ne puis que croire
à tes nuits
d’évasion
quand mon corps
sous toi
n’était qu’un relief

Mes pulpes ont oublié
toute image
suspecte.

 

Je mettrai mon oreille
à écoute grave
aux heures de l’envie

Je me ferai objecter
l’âpre traumatisme
vocal

Je ne dois rien dire
de mes pales lueurs

A mort l’argile
sous les neiges
stérile

Je ne dois rien dire
de mes mots
inesthétiques.

 

A l’ombre de Grenade
mon corps frémit
de gelure

Mon souffle sédimente
à la lueur des
tropiques

La vie
à bruit de temps
s’étire à l’infinie flagellation

La vie 
à bruit de cœur
Quitte la caravane
à évanouissement de sable.

 

A l’ombre de Grenade
les mots explosent
à rivage
incertain

L’organe 
volcanique
sur la vallée
à scintillements 
de vagues

A l’ombre de Grenade
une étoile
me fit signe

Je brûlerai mes mots de velours. 

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